Sexualité et consentement dans les stages de tantra : pourquoi je choisis un cadre désexualisé

Valérie-Anne Jouinot • 18 juillet 2026

Que devient la rencontre lorsque l’enjeu sexuel est volontairement retiré ?


Je constate depuis quelque temps l’émergence d’une nouvelle tendance dans le discours autour des stages de tantra : celle d’une sexualité dite « non-excitatoire », qui peut être tolérée, voire encouragée, dans certains stages.


Je comprends ce que cette distinction cherche à apporter. Elle tente de différencier une sexualité vécue dans la lenteur, la conscience et la présence, d’une sexualité davantage orientée vers la recherche d’excitation ou de gratification.


Cette approche peut avoir du sens pour certaines personnes et correspondre à leur chemin.

Mais mon expérience m’a aussi permis d’en voir les limites, que ce soit sur un plan personnel ou dans la réalité des groupes.

 

Des cadres encore très différents selon les stages


Il faut ici distinguer deux choses : ce qui se passe pendant les pratiques proposées et ce qui est autorisé en dehors de ces temps.


En France, il existe aujourd’hui une forme de consensus selon lequel les pratiques elles-mêmes n’incluent pas de relations sexuelles entre participants, même si certaines écoles ou approches semblent se situer en dehors de ce consensus. Elles restent toutefois très minoritaires.


En revanche, la plupart du temps, rien n’est clairement précisé concernant les rapprochements sexuels qui peuvent avoir lieu en dehors des pratiques. Chacun serait alors libre de faire ce qu’il souhaite.


Mais cette liberté apparente ne signifie pas que la possibilité de tels rapprochements reste sans effet sur le groupe. Dès lors qu’elle existe, elle fait implicitement partie du cadre, même si rien n’est dit à son sujet. Elle entre dans le champ de l’expérience et peut modifier les relations et les interactions pendant toute la durée de l’événement.


Que penser, par exemple, de ces stages où, dès les premières pratiques, des duos se forment et restent ensuite presque toujours ensemble ? Je l’ai parfois observé.

Il arrive même que de véritables couples se forment au cours d’un stage. Ce n’est pas anodin. Cela montre bien que des enjeux de séduction, de désir ou de recherche affective étaient présents en arrière-plan des pratiques. Dès lors, la dynamique du groupe ne peut plus être tout à fait la même.


Cela modifie nécessairement l’équilibre relationnel et peut aussi appauvrir l’expérience collective. Car l’intérêt d’un stage réside justement, selon moi, dans la possibilité de rencontrer des personnes différentes, de sortir de nos attirances et de nos schémas habituels pour observer ce que chaque interaction vient révéler.


Si vous envisagez de participer à un stage de tantra, je ne peux donc que vous inviter à demander un cadre écrit et précis avant de vous inscrire.

Que se passe-t-il pendant les pratiques ? Qu’est-ce qui est autorisé en dehors ? Les mêmes règles s’appliquent-elles aux animateurs et aux assistants ?

Ne vous contentez pas de formulations générales autour du respect et du consentement. Demandez des réponses concrètes. Il en va de la qualité de ce que vous allez y vivre.


Le flou n’est pas un cadre


J’en ai moi-même fait l’expérience le mois dernier. J’envisageais de participer à un stage organisé par une grande école de tantra très connue. Avant de m’inscrire, j’ai demandé à connaître précisément le cadre.

Je l’attends toujours…


Cette opacité, ou parfois simplement le manque de précision du cadre, peut laisser entendre que les relations intimes font naturellement partie de l’expérience, ou du moins qu’elles en constituent un prolongement possible.


Si cette possibilité est clairement annoncée dans le cadre, pourquoi pas ? Chacun peut alors choisir en connaissance de cause et savoir ce qu’il vient explorer. Cela peut donner lieu à de très belles expériences, je ne le nie absolument pas. J’ai moi-même exploré ces espaces à une époque de mon parcours.


Tout peut s’explorer, mais tout doit être dit


J’ai récemment vu passer l’annonce d’un stage de tantra. En creusant un peu, j’ai découvert avec stupéfaction qu’il se déroulait dans une maison d’hôtes libertine, ouvertement destinée aux rencontres sexuelles. Cette information n’apparaissait nulle part dans la présentation du stage.


Je me suis alors demandé ce qui aurait pu se passer si j’étais tombée sur ce type de proposition lorsque j’ai commencé à explorer le tantra. J’aurais très bien pu m’y inscrire en pensant que c’était cela, le tantra.


Le choix d’un tel lieu n’est pas neutre : il ouvre la possibilité de prolongements sexuels une fois les pratiques terminées et installe nécessairement un contexte particulier autour du stage.

Cela fait partie du cadre, qu’on le dise ou non.


Je tiens à préciser ici que je n’ai rien contre ces lieux ni ces pratiques. J’ai moi-même exploré cet univers.

Mais encore faut-il que les choses soient dites clairement et que chacun sache réellement où il met les pieds.

Ce n’est donc pas la nature de l’exploration que je remets en cause.

C’est le décalage entre ce qui est présenté et ce que les participants peuvent réellement rencontrer sur place.


Bref, je suis pour un tantra clair et assumé !


« Non-excitatoire »… vraiment ?


C’est dans ce contexte que je vois apparaître de plus en plus souvent une distinction qui m’interroge : celle d’une sexualité qui serait « non-excitatoire ».


Ce concept permet à certains animateurs de distinguer des pratiques sexuelles considérées comme lentes, méditatives ou conscientes, d’autres formes davantage orientées vers la recherche d’excitation ou de gratification.


Selon les animateurs, cette sexualité dite « non-excitatoire » peut être tolérée en dehors des pratiques, voire encouragée pendant certains stages.


J’y vois une tentative de poser une limite là où le cadre restait jusqu’alors difficile à définir. Mais je me demande aussi si cette nouvelle appellation ne vient pas parfois donner une apparence de clarté à des pratiques qui demeurent, dans les faits, très floues.

Car la frontière est loin d’être évidente.


À partir de quel moment une sexualité devient-elle excitatoire ? Qui en décide ? Sur quels critères ?

Que se passe-t-il lorsque deux personnes ne placent pas la limite au même endroit ?

Une sexualité « classique », simplement vécue plus lentement, entre-t-elle alors dans la catégorie du « non-excitatoire » ?
L’absence d’éjaculation ou d’orgasme suffit-elle à rendre une sexualité consciente ?
Et qu’en est-il des pratiques bucco-génitales ?


Ces questions sont rarement clarifiées… et chacun semble avoir sa propre réponse ! C’est bien là le problème. Ce flou peut avoir des conséquences très concrètes sur la manière dont les participants vivent le stage.


Nommer ces zones de flou ne signifie pas que je sois opposée à toute exploration.

Bien au contraire. Si j’en ai aujourd’hui une conscience aussi précise, c’est justement parce que j’ai moi-même beaucoup exploré.


Désormais, je sais ce que j’ai envie de vivre et dans quelles conditions. Je n’ai plus envie d’explorer n’importe quoi, n’importe comment, avec n’importe qui.


Certaines expériences m’attirent encore. Mais il m’arrive d’y renoncer simplement parce que je ne trouve pas le cadre suffisamment clair et ajusté pour les vivre.

Être ouverte à l’exploration ne signifie pas renoncer à ses repères.


Je n’ai aucun jugement sur ces propositions. Comme beaucoup de personnes dans le milieu du tantra, j’ai moi-même exploré ces questions pendant de nombreuses années.

J’ai longtemps pensé que la sexualité consciente pouvait être une porte d’accès privilégiée à certaines dimensions du tantra. Mon expérience m’a finalement conduite à un autre constat.

Ce n’est pas là que j’ai trouvé ce que je cherchais.


Dès qu’un enjeu sexuel apparaît, le champ relationnel se modifie


J’ai pu observer que, très souvent, dès qu’un enjeu lié à la sexualité restait possible en arrière-plan, il venait modifier l’énergie du groupe et la rencontre.

Une attirance peut apparaître. Un rapprochement devient envisageable. Les projections se mettent en place. Certains comportements changent, parfois de manière très subtile.

On ne rencontre déjà plus tout à fait l’autre de la même façon.


Cela peut parasiter les pratiques, mais aussi l’ensemble du stage. La manière de choisir un partenaire, de poser une limite, d’interpréter un regard ou de vivre un contact peut s’en trouver transformée.


Dès lors qu’une interaction sexuelle est possible, même en dehors des pratiques, elle fait partie du cadre. Elle crée une attente chez certains, une vigilance chez d’autres. Elle peut aussi faire naître une pression qui ne sera jamais exprimée clairement.


Peut-être qu’une partie du chemin consiste précisément à découvrir qu’il est possible de rencontrer l’autre au-delà des projections liées au genre, au désir ou à la sexualité.


Et c’est là que commence, pour moi, une autre exploration.

Que devient la relation lorsque cet enjeu est retiré ?

C’est cette question qui m’intéresse aujourd’hui.


Le consentement en groupe n’est pas toujours aussi simple qu’on l’imagine


Lorsque l’on aborde ces sujets, la question du consentement arrive rapidement. On pourrait penser qu’il suffit que deux adultes soient d’accord pour que les choses soient claires.

Mais en groupe, l’accès à son propre consentement n’est pas toujours aussi simple.


Les effets de groupe, l’histoire personnelle, certains traumatismes ou le besoin d’appartenance peuvent modifier notre capacité à sentir ce qui est juste pour nous. Il arrive également que nous ayons du mal à identifier nos limites ou que nous n’osions pas les exprimer lorsqu’une proposition nous est faite.


Dans un stage, l’intensité énergétique des pratiques peut amener une personne dans un état d’ouverture inhabituel. Elle peut être émue, déstabilisée, portée par l’énergie collective ou impressionnée par celui ou celle qui anime. Elle peut accepter une proposition sans mesurer immédiatement ce qu’elle engage pour elle.


Un « oui » prononcé dans un tel contexte mérite parfois d’être interrogé.

Est-ce un oui pleinement choisi ? Un oui donné pour ne pas décevoir ? Pour paraître libre, évolué ou suffisamment « tantrique » ? Est-ce un oui qui aurait été le même en dehors du groupe ?


Il ne s’agit pas de nier la responsabilité des participants ni de considérer les adultes comme incapables de choisir. Il s’agit simplement de reconnaître la complexité humaine… souvent amplifiée dans les stages de tantra !

Le consentement ne se résume pas à l’absence d’un refus.

Il suppose que chacun puisse rester en contact avec lui-même, percevoir ses limites et se sentir réellement libre de dire oui, non, pas maintenant ou jamais, mais aussi de changer d’avis au milieu d’une pratique. Cette liberté devient plus difficile lorsque des attentes implicites circulent ou lorsque la sexualité est présentée comme un passage presque naturel de l’exploration tantrique.

Ces questions me paraissent essentielles à nommer avec honnêteté.


Un cadre entièrement désexualisé


Cette évolution autour de la notion de « non-excitatoire » m’amène donc à préciser davantage mon propre cadre.

Dans mon approche, aucune relation ni interaction sexuelle entre participants ne fait partie du cadre proposé, quelle qu’en soit la nature ou l’appellation. Cette règle s’applique pendant toute la durée de l’événement, y compris en dehors des pratiques, et concerne toutes les personnes présentes, animateurs compris.


Il ne s’agit pas de déterminer quelles formes de sexualité seraient acceptables, suffisamment conscientes ou assez méditatives. Je choisis de retirer cet enjeu du cadre.


Ce qui m’intéresse est d’explorer une véritable intensité de présence, de sensualité et de vivant, sans que celle-ci ait à déboucher sur autre chose.


Ce cadre permet également à chacun de savoir clairement où il met les pieds. Une personne qui s’inscrit n’a pas à se demander si elle devra repousser des avances, décoder des intentions ou composer avec des rapprochements autour d’elle.


Elle sait ce qui fait partie de l’expérience et ce qui n’en fait pas partie.

Cette clarté me semble indispensable pour choisir en connaissance de cause le cadre qui nous correspond.


Se réapproprier son énergie sexuelle


Ce cadre permet aussi d’aller au contact de son énergie sexuelle et d’apprendre à ne plus la subir.

Bien souvent, lorsqu’elle apparaît, nous ne savons pas quoi en faire. Nous nous sentons presque commandés par elle, comme si elle devait nécessairement nous conduire vers l’autre ou trouver une expression sexuelle.

Nous en devenons les marionnettes plutôt que d’apprendre à l’accompagner.


À mon sens, introduire du slow sex, autrement dit une forme de sexualité lente et méditative, dans les stages ne permet pas réellement de sortir de ce fonctionnement. Même lorsqu’il reste une simple possibilité en dehors des pratiques, il maintient implicitement en arrière-plan la perspective d’une interaction sexuelle avec l’autre et continue d’orienter l’énergie dans cette direction.


Or, comment découvrir que nous pouvons entrer en contact avec elle, l’accueillir, la faire circuler et choisir ce que nous souhaitons en faire si nous lui offrons immédiatement le débouché qu’elle connaît déjà : l’autre ?

Même lorsque cette interaction prend une forme dite méditative.


Retirer toute possibilité de relation sexuelle oblige à explorer une autre voie. Il ne s’agit plus de réprimer l’énergie ni de s’en décharger, mais d’apprendre à rester avec elle sans la faire peser sur quelqu’un d’autre. De la laisser pleinement se déployer en soi.


Sexualité et conscience


La sexualité dite « consciente » ou « sacrée » est souvent présentée comme une voie d’accès à davantage de conscience. Comme s’il suffisait de ralentir, de respirer ou de donner une dimension méditative à une relation sexuelle pour transformer ce qui s’y joue.

J’ai moi-même longtemps cru à cette promesse.


Et je l’ai appris à mes dépens : ce n’est pas parce qu’une sexualité est plus lente ou ritualisée qu’elle devient nécessairement plus consciente.


Pour moi, ce n’est pas en adoptant une autre manière de vivre la sexualité que nous accédons nécessairement à davantage de conscience. C’est en changeant notre état de conscience que notre manière de vivre la sexualité pourra ensuite se transformer, naturellement.


Et ce chemin me paraît beaucoup plus simple à explorer en solo, au moins dans un premier temps. Tant que l’autre est présent, avec le désir, les projections et les attentes que la rencontre peut faire naître, il devient très difficile de discerner ce qui nous appartient réellement.


Apprendre à rester seul avec son énergie permet de la rencontrer autrement. De découvrir qu’elle peut être ressentie sans devoir être immédiatement dirigée vers quelqu’un, mise en acte ou déchargée.

Ce n’est pas une autre sexualité qui produit un nouvel état de conscience. C’est un nouvel état de conscience qui transforme notre sexualité.

C’est là, selon moi, que nous pouvons commencer à retrouver du choix.


Être en présence ou utiliser l’autre ?


Au fil des années, j’ai également été amenée à m’interroger sur la notion de gratification personnelle.

Le plaisir, la sensualité et l’intensité ne sont évidemment pas des problèmes en eux-mêmes. La question se situe ailleurs : dans l’intention sous-jacente et dans la place que nous donnons à l’autre.


Suis-je réellement en train de le rencontrer ?

Ou suis-je en train de l’utiliser pour vivre quelque chose, obtenir de l’excitation ou du plaisir, me rassurer ou nourrir un besoin personnel ?

La frontière peut être subtile.


Lorsque l’autre devient, consciemment ou non, un moyen d’obtenir quelque chose pour soi-même, il cesse d’être pleinement rencontré. Il risque de devenir un support de projection, une source de gratification ou un objet placé au service de notre plaisir.

Or, pour moi, le tantra ne consiste pas à utiliser l’autre.


J’ai pourtant très souvent observé ce glissement dans les stages de tantra.

Un jour, pendant une pratique dont ce n’était absolument ni l’intention ni le but, j’ai vu un homme saisir la main d’une femme pour la poser sur son sexe à lui.

Cet exemple dit exactement ce que je cherche à nommer ici. À cet instant, il n’était plus en train de rencontrer cette femme ni de suivre la pratique proposée. Il utilisait la main et le corps de celle-ci, pour obtenir une gratification personnelle.

Pour moi, ce n’est pas du tantra.


Ce point devrait être clairement nommé dans tous les stages et rappelé avant toute pratique : personne n’a à utiliser le corps de l’autre pour obtenir une excitation ou une gratification personnelle. Le consentement à participer à une pratique n’est jamais un consentement à devenir l’instrument du plaisir de quelqu’un.


Chacun devrait apprendre à identifier ce glissement, chez soi comme chez l’autre, et se sentir pleinement légitime à interrompre ce qui est en train de se passer. C’est à l’équipe d’animation de poser cette limite et de veiller à son respect.


Cela ne signifie pas que nous ne devrions rien ressentir ni éprouver de plaisir dans la rencontre. Mais nous pouvons apprendre à accueillir ce qui nous traverse sans faire peser cette énergie sur l’autre et sans chercher à nous en servir.

C’est là que commence, selon moi, une autre forme de liberté.


Retirer un enjeu n’est pas forcément le réprimer


Je précise que ma position ne vient ni d’une peur du corps ni d’une forme de pudibonderie.

Encore moins d’une posture moralisatrice. Ce serait mal me connaître…

Je ne crois pas qu’un cadre entièrement désexualisé soit une forme de répression.

Je le vois plutôt comme une expérience.


Dans de nombreux contextes humains, la séduction, la sexualité et les enjeux de couple peuvent déjà exister. Les espaces permettant de vivre des rapprochements ne manquent pas.

En revanche, il existe très peu de lieux où l’on peut explorer la sensualité, la proximité, la vulnérabilité ou une grande intensité sans craindre que cela soit interprété comme une invitation à aller plus loin.


Mettre volontairement la sexualité entre parenthèses ne revient pas à dire qu’elle est mauvaise, sale ou dangereuse.


Dans une retraite de méditation, on peut choisir le silence sans considérer que la parole est mauvaise. On peut couper son téléphone sans rejeter la technologie. Certaines thérapies de groupe interdisent les relations entre participants afin de protéger le travail engagé.

Un cadre particulier produit une expérience particulière.


Retirer les enjeux sexuels dans un stage ne signifie donc pas les condamner. Cela permet d’explorer pleinement ce qui devient possible en leur absence.

Lorsque cet enjeu est retiré, toute l’énergie de la rencontre peut se déployer plus librement. Et c’est là qu’apparaît une nouvelle forme d’intensité qui, sans cela, n’aurait peut-être jamais trouvé l’espace pour s’exprimer.


L’intimité physique comme aboutissement plutôt que comme point de départ


Mon chemin m’amène aujourd’hui à penser qu’il est très difficile de saisir l’essence du tantra en partant d’emblée de la sexualité ou de l’intimité physique.

Pour moi, celles-ci relèvent davantage d’un aboutissement possible que d’un point de départ.


Avant de rencontrer l’autre, encore faut-il avoir appris à se rencontrer soi-même. Sentir ce qui se passe en nous, accompagner notre énergie et rester présents lorsque le désir apparaît. Reconnaître nos manques sans attendre de l’autre qu’il les comble.


Cette rencontre avec soi demande du temps. Elle suppose de développer des repères et une véritable autonomie intérieure. Car tant qu’on ne s’est pas pleinement rencontré soi-même, comment envisager une rencontre profonde avec l’autre ?


Nous risquons de croire que nous le rencontrons alors que nous cherchons surtout, à travers lui, une réponse à notre excitation, un apaisement, du plaisir ou le sentiment d’exister davantage.

Ce n’est pas mal en soi, bien sûr, mais encore faut-il en avoir conscience.


Sans ces bases, nous pouvons reproduire dans un stage les mêmes fonctionnements qu’ailleurs, simplement recouverts d’un vocabulaire spirituel ou tantrique.


La lenteur ne garantit pas la conscience.

Le caractère méditatif d’une pratique ne suffit pas davantage à faire disparaître les projections, les attentes ou la recherche de gratification.

C’est pour cette raison que mon expérience m’amène désormais ailleurs.


Une autre qualité de rencontre


Je découvre de plus en plus qu’un cadre à la fois intense et entièrement désexualisé change tout.

Il change la qualité de présence.

Il change la manière de rencontrer l’autre.

Il transforme aussi la sécurité intérieure avec laquelle chacun peut s’abandonner à l’expérience.


Lorsqu’une personne sait qu’aucun rapprochement sexuel ne sera recherché, elle peut parfois se détendre d’une manière nouvelle. Elle peut se laisser toucher par la proximité ou la sensualité sans devoir anticiper la suite. Elle n’a plus à se demander ce que son ouverture va provoquer chez l’autre.

La rencontre peut alors retrouver une forme de simplicité et de profondeur.


Je suis convaincue qu’il est possible de vivre une réelle intensité, beaucoup de sensualité, de connexion et de vivant sans qu’aucune interaction sexuelle entre participants ne fasse partie du cadre.

Cela ne signifie pas que les autres approches seraient mauvaises ou illégitimes. Elles ont leur place et peuvent correspondre au chemin de certaines personnes.

Simplement, elles ne correspondent plus à ce que je souhaite explorer ou proposer aujourd’hui.

Et pour pouvoir réellement choisir, encore faut-il que les choses soient dites clairement.


Pour moi, retirer l’enjeu sexuel n’appauvrit pas la rencontre.

Au contraire, cela ouvre un autre espace.

Un espace dans lequel nous pouvons découvrir ce qui demeure lorsque nous ne cherchons plus à séduire, à obtenir ou à aller quelque part.

Et c’est précisément cette exploration qui m’anime aujourd’hui. 



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Si cet article a éveillé votre curiosité, je vous invite à découvrir les autres articles de mon blog, mes vidéos YouTube et mes livres consacrés au tantra. Vous y trouverez de nombreux contenus pour approfondir cette approche et mieux comprendre ce qu'elle peut apporter au quotidien.


Si ces questionnements autour d'un tantra plus désexualisé, de la présence et d'autres manières de vivre l'intensité vous parlent, j'ai créé sur Facebook un groupe privé consacré à ces réflexions et à des propositions de stages allant dans cette direction.

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Et si vous souhaitez vivre cette expérience plutôt que simplement la découvrir en théorie, je serai heureuse de vous accompagner dans un cadre sain, respectueux et conscient.



Valérie-Anne Jouinot
Coach bien-être & tantra


« Je ne parle pas du Tantra, je vous le fais vivre et ressentir »

Pour en savoir plus sur mes accompagnements : www.coeuraccords.fr



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Les dérives cachées du néotantra