Le tantra est-il sexuel ?

Valérie-Anne Jouinot • 22 juin 2026


Le tantra est-il sexuel ?


Contrairement à une idée très répandue, le tantra n'est pas une pratique sexuelle. C'est une voie spirituelle et de conscience qui invite à se rencontrer soi-même à travers le corps, les ressentis et l’énergie, tout en s’ouvrant à quelque chose de plus vaste.


Si cette confusion est si fréquente, c'est parce qu'aujourd'hui le mot tantra est souvent associé au plaisir, au désir ou à certaines pratiques corporelles.


Mais une porte d'entrée n'est pas une destination.

Et c'est là que, selon moi, se situe l'un des plus grands malentendus autour du tantra moderne.


Le problème n'est pas que certaines personnes partent du plaisir.

Le problème est qu'elles s'y arrêtent.


Cela ne signifie pas que le tantra rejette le corps, le désir, le plaisir ou l'intimité physique.

Simplement, il ne s'y limite pas.

Réduire le tantra aux sensations ou à la sexualité revient à passer à côté de son essence.


Pourquoi cette confusion existe-t-elle ?


À mes yeux, cette confusion existe surtout parce que nous vivons dans une société hypersexualisée.

Une société qui interprète spontanément énormément de choses à travers le filtre de la sexualité.

Nous avons appris très tôt à associer toute montée de plaisir, d'énergie ou d'intensité à quelque chose de sexuel.


Ce que j'observe aussi très souvent pendant les massages, c'est que l'énergie est fréquemment bloquée dans le bassin et la zone génitale.

Nous avons appris à prendre du plaisir dans la contraction plutôt que dans l'expansion et la détente.

Dès qu'une sensation agréable apparaît dans le corps, nous avons tendance à vouloir la saisir, la contrôler ou la prolonger. Cela crée alors davantage de crispation et de tension.


À cela s'ajoutent le refoulement émotionnel, les tensions accumulées et les mécanismes de contrôle mental qui nous coupent progressivement de nos ressentis et de la circulation naturelle de l'énergie dans le corps.

Le résultat est que lorsque cette énergie recommence à circuler, elle est immédiatement interprétée à travers le prisme de la sexualité.


Le tantra propose précisément l'inverse de ce que nous avons appris.

Au lieu de contracter, il invite à se détendre.

Au lieu de contrôler, il invite à ressentir.

Au lieu de chercher davantage de stimulation, il invite à devenir présent à ce qui est déjà là.

C'est cette détente profonde qui permet peu à peu à l'énergie de retrouver sa fluidité naturelle et de se déployer bien au-delà de la seule sphère sexuelle.


Le mythe de l'énergie sexuelle


C'est ici que ma vision diffère de celle de nombreux enseignants ou animateurs de tantra.

On entend souvent parler dans le milieu tantrique d'« activation de l'énergie sexuelle ».

Personnellement, je n'utilise jamais cette expression. Et je ne cherche pas à activer quoi que ce soit.


Pourquoi ?

Parce que j'estime que nous pouvons nous passer de cette idée. Ce serait même, à mes yeux, salutaire dans nos sociétés.

J'ai donc choisi d'éliminer le concept d'énergie sexuelle de mon approche.

Pour moi, il existe une seule énergie : l'énergie vitale.


Cette énergie se manifeste partout dans le corps.

Lorsqu'elle s'exprime dans la sphère génitale, nous la nommons généralement désir, excitation ou énergie sexuelle. Mais cela ne signifie pas qu'il s'agit d'une énergie différente.

C'est simplement la même énergie qui se manifeste dans une zone particulière du corps.


Alors pourquoi continuer à focaliser l'attention sur cette zone ?

À mes yeux, cela entretient une confusion déjà largement présente dans notre culture.

Je ne cherche donc pas à activer une prétendue énergie sexuelle.


D'ailleurs, une cellule vivante n'a pas besoin qu'on active quoi que ce soit.

La vie est déjà là.

Elle circule déjà.

Elle vibre déjà.

Et des cellules, il y en a des milliards dans un corps humain.

Une énergie immense est disponible à chaque instant. Elle ne demande qu'à être reconnue, ressentie et accompagnée.

Alors, pourquoi se limiter à la sphère génitale ?


Pour moi, le tantra consiste davantage à devenir conscient de ce qui est présent qu'à provoquer artificiellement quelque chose. C’est un chemin de dépouillement et de déconditionnement… y compris tantrique.


Pourquoi cette confusion est problématique


Dans une société déjà fortement sexualisée, certaines formulations peuvent entretenir de nombreuses confusions.

Lorsqu'une personne entend qu'il faut « activer son énergie sexuelle », elle peut facilement imaginer qu'il s'agit de rechercher davantage d'excitation, davantage de plaisir ou davantage d'expériences sensuelles. Bref de l’intensité. J’ai souvent observé ce phénomène dans les stages de tantra.

Or ce n'est pas ce que je transmets.


À mes yeux, le tantra a aujourd'hui profondément besoin d'être désexualisé.

Non pas parce que le corps ou l'intimité seraient un problème.

Mais parce que leur place est souvent mal comprise, ce qui rend plus difficile de sortir des conditionnements habituels.


Le corps est un point de départ.

Le désir est un point de départ.

Le plaisir est un point de départ.

Mais aucun d'eux n'est la destination.


Lorsque l'on confond le chemin avec le but, on risque de passer à côté de l'essentiel.

On risque de passer à côté de ce que le tantra cherche réellement à révéler.

 

Une rencontre avec ce qui nous relie


Au fil de mon parcours, j'ai découvert que le tantra ne me conduisait pas vers davantage de plaisir.

Il me conduisait vers davantage de présence.

Vers un espace de conscience que nous partageons tous.

Un espace qui existe déjà, au-delà de nos histoires personnelles, nos peurs, nos attentes ou nos fantasmes.

C'est cet espace qui m'intéresse aujourd'hui.


Et c'est pour cette raison que je considère le tantra comme une voie de reconnexion plutôt qu'une voie de stimulation.

Le corps en est la porte.

Mais la destination est infiniment plus vaste… et tout aussi intense.


En conclusion


Le tantra n'est pas une pratique sexuelle.

Il n'est pas non plus une négation de la sexualité.

Il propose simplement un changement de regard.


Au lieu de chercher davantage de sensations, il invite à découvrir ce qui est déjà présent, au-delà de ces sensations.

Le plaisir peut faire partie du voyage.

Mais il n'en est pas le but.


Le tantra commence souvent dans le corps, et peut nous conduire bien plus loin. Lorsque nous cessons de nous arrêter aux seules sensations, il peut nous ouvrir à une expérience beaucoup plus vaste de nous-mêmes et de la vie.


Lorsqu'on contacte cet espace de présence et de conscience partagées, cette dimension peut naturellement venir enrichir toutes les sphères de notre vie… y compris notre intimité et la sexualité.

Non pas en ajoutant davantage de stimulation, mais en apportant davantage de présence, de profondeur, de légèreté et d’espace.

C'est peut-être là que réside, à mes yeux, la véritable richesse du tantra.



Valérie-Anne Jouinot
Coach bien-être & tantra


« Je ne parle pas du Tantra, je vous le fais vivre et ressentir »


Si vous souhaitez découvrir le tantra dans un cadre sain, respectueux et conscient, je vous accompagne avec clarté, présence et bienveillance.

Pour en savoir plus sur mes accompagnements : www.coeuraccords.fr



Pour aller plus loin...


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  • Mes Livres :

Incarner le Tantra
Les dérives cachées du néotantra